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PFIOUH !

PFIOUH !
J'ai toujours beaucoup aimé ce banc. Il était simple, un peu sali, mais toujours libre lorsque j'y passais. Certainement parce que c'était l'heure où les gens rentrent de leur travail. Ils avaient tous les mines tristes, comme si leur vie était une interminable routine. Et surement l'était-ce. Seulement parfois, quelqu'un avait un sourire, un sourire de partage, joyeux. Ses yeux rayonnaient de couleurs, brillaient malgrè la lumière décroissante. Ce passant, j'en étais sûre, ne connaissait pas la routine. Après tout, tout le monde a des habitudes. Mais la routine, c'est autre chose. C'est le Spleen de Baudelaire, l'ennui infernal qui détruit les gens. Quelque chose de malsain en somme, une chose sans définition. Sans grain de folie, d'imprévu stupéfiant et régénérant. Voilà ce qu'est la routine.
Pour en revenir à cette soirée, le soleil se couchait. Mon banc étant libre, je l'avais saisi. Les passant passait, comme désigne leur appelation. Et c'est là que je compris. Je compris ce que devait être ma vie. Sans routine, toujours avec de la folie. Je compris aussi que je serais toujours insatisfaite de ce que j'ai tant que je n'aurai pas trouvé le but réel de ma vie. Et là, je le découvris. Ce n'était pas d'aider les autres, ou alors à ma manière. Je devais ouvrir les yeux des gens. Leur faire comprendre que vivre à cent à l'heure, c'est bien, mais seulement si on voit ses enfants grandir, seulement si on a le temps de pouvoir contempler le passage des saisons. Seulement si on peut vivre l'amour... Alors là, oui, vivre à cent à l'heure, c'est bien. Mais pas de rentrer tard du boulot, de ne rencontrer personne, de ne rien partager, de ne pas se cultiver, de ne pas profiter des joies simples et évidente de la vie. Je compris le but de mon existence, mais aussi le but de toute existence. Et étrangement, je me sentais calme. Un calme puissant, un calme vivifiant. Et pour la première fois, je me sentais vivante. Je savais ce que j'avais à faire, je n'avais plus à errer sans but dans les rues, je savais où je devais aller.

Je ne sais toujours pas si c'est ce banc qui m'inspira cette idée, ou si c'est parce que je passais mes journées à me demander ce que je faisais sur Terre, mais cette soirée-là changea ma vie. Ce banc, je l'ai désormais chez moi. Ils ont détruit la place où il se trouvait, le malheureux, et je le pris chez moi. Je m'y sens toujours bien, lorsque je m'y installe. Mais certainement grâce à ce souvenir.
J'ai compris. Comprenez à votre tour, vous verrez...

# Posté le mercredi 24 juin 2009 15:58

Modifié le lundi 17 août 2009 13:05

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